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 LES CHANTIERS DE SARKOZY

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maya

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MessageSujet: LES CHANTIERS DE SARKOZY   Mer 19 Sep - 12:05

Le Président a fait hier l’inventaire des chantiers sociaux qu’il compte mener, rapidement et avec le soutien obligé des syndicats.

Aux patrons du Medef, Nicolas Sarkozy avait réservé le 30 août un discours programme sur la politique économique. Invité hier au Palais du Luxembourg par l’Ajis (Association des journalistes de l’information sociale), le président de la République a fait l’inventaire des grands chantiers sociaux, et surtout lancé le compte à rebours. Très serré. Trop serré aux yeux des syndicats qui, à l’instar de François Chérèque (CFDT), estiment que «le calendrier qui nous est imposé est impossible à tenir».
Sur la méthode, les syndicats n’ont pourtant pas d’objection majeure. Nicolas Sarkozy place la balle dans leur camp. Et si, sur le contrat de travail, les 35 heures ou la privatisation du risque dépendance, sa position est très proche de celle du Medef, au moins le chef de l’Etat respecte-t-il les fondamentaux de la démocratie sociale en soumettant l’ensemble des sujets à la négociation. Mais, dans les délais impartis, on voit mal comment les partenaires sociaux pourraient trouver un compromis acceptable. Pour leur mettre la pression, Sarkozy a mis sur la table la question sensible de la représentativité syndicale, et des moyens financiers qui pourraient aller de pair.
Régimes spéciaux
Opération déminage : les mises en garde de la semaine dernière, notamment les allusions répétées de Jean-Claude Mailly (FO) et Bernard Thibault (CGT) aux grèves et manifestations de décembre 1995 ont été entendues. «L’objectif doit consister, a expliqué Nicolas Sarkozy, à harmoniser les régimes spéciaux avec celui de la fonction publique qui, lui, a été réformé en 2003.» Si l’allongement à 40 ans de la durée de cotisation est donc à l’ordre du jour, les salariés des entreprises publiques devraient échapper à ce qui pénalise le plus leurs collègues du privé : le calcul de la pension sur les 25 meilleures années au lieu des 6 derniers mois. Et, même pour la durée de cotisation, il laisse la porte ouverte à toutes les exceptions possibles, en précisant que «la négociation se fera entreprise par entreprise» et que «chaque statut gardera des éléments spécifiques». Mais, et c’est là que le bât blesse, il charge le ministre Xavier Bertrand d’ «entamer dès demain les discussions avec tous les acteurs concernés» pour que tout soit bouclé dans un délai de deux semaines. Un premier entretien a déjà été fixé par le ministre du Travail, qui reçoit aujourd’hui la CFTC.
Retraites
Pour être certain que la refonte des régimes spéciaux se fasse avant la fin de l’année, Nicolas Sarkozy retient, pour le rendez-vous de 2008 qui avait été fixé par la réforme Fillon de 2003, les dates les plus rapprochées. «Le Conseil d’orientation des retraites doit faire le point sur les perspectives financières avant la fin novembre» 2007, a-t-il précisé, afin de «conclure cette réforme au cours du premier semestre 2008». Difficile de faire plus court.
Santé
C’est en matière de couverture du risque dépendance que Nicolas Sarkozy va le plus loin dans la logique libérale, puisqu’il a parlé d’un nouveau droit à la protection sociale qui pourrait être pris en charge par «l’assurance individuelle». «La dépendance des personnes âgées est le plus souvent un risque assurable qui peut être couvert en partie par des produits financiers innovants», a dit hier le président de la République. Des produits d’épargne défiscalisés pourraient permettre de payer une maison de retraite le moment venu. Du coup, la cinquième branche de l’assurance-maladie, promise pendant la campagne présidentielle et qui devait concerner plus d’un million de personnes de plus de 60 ans, se résume pour l’instant à «une prise en compte de manière plus juste des capacités contributives des personnes, ainsi que de leur patrimoine». La semaine passée, la Cour des comptes a chiffré les besoins en matière de dépendance à 15 milliards d’euros pour l’année 2003. Malgré cette proposition, «il n’est pas question d’al ler vers un système de santé à deux vitesses», a assuré Sarkozy. Face aux dérapages des comptes, le président de la République oppose le système des franchises médicales, et en appelle à une maîtrise médicalisée des dépenses «plus efficace». Au passage, les médecins de ville sont tancés pour leur propension à prescrire trop de médicaments et pour leur «répartition inégale sur le territoire». L’appel à une meilleure articulation entre la «solidarité nationale» et la «responsabilité individuelle» devrait donner lieu à des conclusions au premier semestre 2008.
35 heures
Pas de révolution à attendre sur les 35 heures. Juste un peu plus de détricotage d’un dispositif trop symbolique pour être rayé de la carte. D’abord, la mise en œuvre de la défiscalisation des heures supplémentaires dès le 1er octobre est un premier coup de canif sérieux aux RTT. Ensuite, Sarkozy renvoie aux partenaires sociaux, branche par branche, ou dans les entreprises, la négociation de nouveaux assouplissements. Une piste éventuelle : la possibilité de se faire payer les jours de congé non pris.
Contrats de travail
Nicolas Sarkozy a fait bien attention à ne pas prononcer un gros mot désormais banni du gouvernement : «contrat unique». Mais il a à nouveau menacé très fort : si le patronat et les syndicats ne trouvent pas d’accord sur la «modernisation» - comprendre l’assouplissement - du contrat de travail avant la fin de l’année, «l’Etat prendra les mesures appropriées». Sarkozy a d’abord expliqué que le gouvernement «s’appuiera alors, en concertation avec les partenaires sociaux, sur le bilan des discussions» engagées entre patronat et syndicats depuis le 7 octobre. Puis, très vite, il a ajouté deux exemples de «solutions» : «la promo tion de modes de rupture négociée» et «des procédures simplifiées devant les prud’hommes». Deux propositions qu’il avait déjà évoquées devant l’université d’été du Medef, et qui reprennent exactement les préoccupations patronales. «Tout le monde sait que l’accumulation des protections qui entourent le contrat de travail ne garantit pas la sécurité professionnelle des travail­leurs», a aussi affirmé le chef de l’Etat, estimant que «l’on ne peut plus tenir sur cette ligne Maginot juridique». Une analyse qui, hier, remplissait d’aise la présidente du Medef, Laurence Parisot. Côté syndical, on a nettement moins apprécié qu’il choisisse aussi nettement son camp dans la négociation actuellement en cours.
Emploi
Sur la refonte du service public de l’emploi, il ne s’agit plus d’instaurer pour les demandeurs d’emploi un «guichet unique», mais bel et bien de fusionner ANPE et Unédic dans un «nouvel organisme». La ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde, a quinze jours pour faire des pro­positions.Par ailleurs, Nicolas Sarkozy réclame des sanctions contre les chômeurs qui refuseraient deux offres valables d’emploi ou de formation. «En 2006, les sanctions ont concerné 2 % des chômeurs indemnisés, c’est quatre fois moins que chez nos voisins belges et espagnols», s’est-il écrié. Les syndicats n’ont pas trop apprécié.

source : libération 19.09.07

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EGALITE SALARIALE POUR QUAND ?
Les femmes ne sont pas sur un pied d'égalité avec les hommes dans l'entreprise, alors qu'elles sont 80% parmi les 25-49 ans à travailler.

Une première réunion préparatoire à la Conférence sociale du 26 novembre sur l'égalité homme-femme dans l'entreprise doit se tenir, mardi 18 septembre, au ministère du Travail en compagnie partenaires sociaux. Le gouvernement entend ainsi mettre fin "dans les deux ans" aux inégalités, tant les écarts salariaux entre hommes et femmes que les temps partiels subis, les congés maternité pénalisants… Les femmes ne sont pas sur un pied d'égalité avec les hommes dans l'entreprise, alors qu'elles sont 80% parmi les 25-49 ans à travailler.
Globalement plus instruites que les hommes, elles sont aussi plus nombreuses au chômage et représentent la plupart des emplois à "temps partiel subi".

Des lois qui se succèdent

L'écart salarial entre hommes et femmes était de 18,9% en 2005, selon l'INSEE. Un chiffre dû en partie aux interruptions de carrière, à l'importance du temps partiel ou au fait qu'elles n'occupent pas les mêmes postes : environ 12% des femmes étaient cadres en 2005 (18% des hommes) et près de 45% étaient employées (23% des hommes). Globalement, 60% des femmes exercent les professions parmi les plus mal payées.
Malgré les lois qui se sont succédé depuis plus de trente ans, dont deux en cinq ans (loi Génisson en 2001 qui impose une négociation sur l'égalité dans l'entreprise, loi sur l'égalité salariale en 2006), et malgré un accord interprofessionnel en avril 2004, les entreprises traînent les pieds, faute de sanctions suffisantes.

Une situation partagée en Europe


La conférence sociale, à laquelle participeront gouvernement, syndicats et patronat, a pour objectif de trouver "les moyens techniques pour constater et sanctionner les discriminations à l'égard des femmes" afin d'"atteindre une fois pour toutes l'égalité homme femme en 2009", selon la lettre de mission adressée par l'Elysée.
Néanmoins, la situation des autres pays européens n'est guère meilleure qu'en France. En Grande-Bretagne, le fossé s'est réduit depuis 30 ans, mais les femmes devraient attendre 150 ans pour avoir un salaire égal aux hommes, selon une étude de juillet 2006. En Italie, les femmes gagnent 28,7% de moins que les hommes.

source : nouvel obs 19.09.07

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