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 Le silence des sacrifiés du sida

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maya

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MessageSujet: Le silence des sacrifiés du sida   Mer 21 Nov - 21:22

Le silence des sacrifiés du sida
Nous ne sommes pas dupes, n’est-ce pas, du « système » qui nous condamne et nous réduit au silence et en notre état. Nos cris, nos révoltes étouffées, nos dires, nos écrits en sont garants puisqu’ils en prennent un grand soin en les rangeant dans des compartiments les uns le long des autres, tout en laissant leurs auteurs de côté. On ne voudrait tout de même pas être considérés à part entière, non ?

Une tribune libre de Solenco
Ou plutôt si, mais à une seule condition, que nous nous contentions de leur raconter nos vies, mais pas plus ! Règle rigoureuse, douloureuse et fatale, sous son aspect de tolérance, car, qu’est-ce qui est imposé sous et par cette règle ?
Tout d’abord le vécu de « ce séropo » ne doit apparaître que comme une « aventure singulière », une histoire qui ne peut être que personnelle. Qui ne peut arriver que par suite d’une fatalité ou d’une démesure, si l’individu s’y trouve pris c’est sans doute parce qu’il les a provoquées, ou par une sorte de faiblesse, ou par un « hasard malchanceux » ou bien encore souhaitées par un obscur désir…
Beaucoup de hasards et « malchance » pour devenir séropo », beaucoup de faiblesse pour commettre le délit de contamination, mais beaucoup trop de lâcheté du côté de ceux qui n’osent s’avouer coupables d’une absence de prévention efficace spécifique. Beaucoup trop grave d’accepter, de vouloir encore aujourd’hui, se rendre compte de cette implacable réalité. Beaucoup trop facile de criminaliser et condamner « ce séropo ».
Les « actes criminels » (les contaminations) dans les années qui viennent risquent d’exploser et les condamnations éventuelles n’y changeront rien, bien au contraire, puisque leurs auteurs, se sachant séropositifs au dépistage anonyme, retarderont jusqu’à l’extrême limite la déclaration officielle de leur sérologie.
N’est-il pas aisé de faire croire au grand public qu’il y aurait des bons et des mauvais séropositifs ? N’est-il pas criminel de lâcher dans la nature des milliers de personnes, pour cause de droit à la différence ou à l’indifférence ? Évidemment, on laisse à quelques-uns une possibilité d’expression qui leur forge un alibi parfait auprès de l’opinion publique plus ou moins informée.
Ainsi se trouve établi que « ce séropo » ne peut avoir de pensées puisqu’il ne doit avoir que des souvenirs. Sa mémoire seule est admise, non ses légitimes requêtes… Derrière son désespoir, rien de plus que d’inévitables circonstances uniques, sans qu’il puisse y avoir en cela un « sens communicable ou une Vérité qui pourrait être celle de plusieurs ». Sa maladie ne serait, pour lui, non pas être pensée, mais seulement vécue et rappelée…
On peut tolérer sa simple mémoire mais surtout pas admettre le système qui l’a produit. Ainsi se trouve admis aujourd’hui encore, que « ce séropo » sera toujours seul.
Il peut y avoir des milliers de « compagnons de misère », mais il n’aura été lié avec eux que par une conjonction de hasards ou de fatalité commune, mais de toute façon chacun d’eux aura été « seul à plusieurs ». Leurs souvenirs, leurs vécus peuvent bien se croiser, se recouvrir, ils resteront toujours les souvenirs et les vécus de « l’un ou de l’autre ».
Il n’est donc pas question qu’ils puissent tenir ensemble un seul et même discours qui serait « collectivement le leur » et où ils pourraient dire, non pas ce qu’ils ont subi hier, mais ce qu’aujourd’hui ils pensent !
Aujourd’hui une très large majorité silencieuse, parce que bâillonnée, se trouve sacrifiée sur l’autel de lobbies avides de pouvoir autant obscurs que financiers. Il est vrai aussi, que dans cette majorité, certains se contentent de pleurer sur leur sort ou se complaisent dans un assistanat indigne et chronique.
J’entends déjà les phrases toutes faites et la colle irritante des étiquettes que l’on me colle au front. Arguments fallacieux et intimidants proférés par cette nouvelle espèce de « dictateurs modernes et démocratiques » qui veulent diriger le monde…
J’en accepte le prix à payer et en assume les conséquences. Et vous ?
Êtes-vous prêts à prendre la parole ?

source : le megalodon blog

bientot le 1ER DECEMBRE
SUR LE SITE DE REDA :
Question n° 1 : Est-ce que vous vous protégez quand vous faites l’amour ?
Question n° 2 : Quel avenir pour vous et pour les personnes séropositives en général ?
Question n° 3 : Les séropositifs sont-ils des parents comme les autres ?
Question n° 4 : À quoi servent les associations de lutte contre le sida ?

une des reponses :
Question n° 1 : Est-ce que vous vous protégez quand vous faites l’amour ?
La question est mal formulée. S’adresse-t-on à deux personnes ou est-ce qu’on parle poliment à une seule ? Comme on est en général seul à répondre, je dirais qu’il faudrait plutôt demander "Protégez-vous vos partenaires quand vous faites l’amour". Après tout, si on est déjà séropo, de quoi devrait-on se protéger ? Le VIH on l’a déjà et personne (y compris les cliniciens) ne croit plus à l’hypothèse de la superinfection au même virus. La syphilis, chamydia, gono, etc. sont tous facilement guérissables pour autant qu’on les dépiste à temps dans un suivi de santé sexuelle raisonnable. Il n’y a que l’hépatite C qui soit encore une maladie difficilement guérissable et qui représente une menace réelle à la santé des séropos.
Mais pour répondre à la question : moi, j’ai beaucoup de partenaires sexuels, et ils savent tous que je suis séropo (j’ai un profil sur un site de rencontres pour homos où il y a ma photo et où je révèle mon statut sérologique). Je laisse à mes partenaires l’option de la protection, sachant que moi je préfère baiser sans capote. Après, si quelqu’un veut faire de la capote la condition sine qua non d’un rapport sexuel, c’est une décision qui m’appartient. Et je dois dire franchement qu’il faut vraiment que j’aie trop envie de me faire un mec pour me donner la peine de foutre en l’air mon plaisir sexuel avec du latex. Donc, plus souvent qu’autrement je baise sans protection et ça ne dérange pas mes partenaires parce qu’ils ont participé à la décision. Et la plupart d’entre aux sont aussi (pour autant qu’ils me l’aient dit) séropos.
http://www.survivreausida.net/a8080

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Quelqu’un qui ne laisse pas la réalité déranger ses rêves est un sage. C.Singer
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