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 Le sida, toujours tabou dans les entreprises

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maya

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MessageSujet: Le sida, toujours tabou dans les entreprises   Ven 30 Nov - 22:59

Le sida, toujours tabou dans les entreprises
[ 30/11/07 Les Echos ]



Les entreprises françaises s'engagent parfois dans la lutte contre le sida, mais elles répugnent à évoquer le sort réservé à leurs salariés séropositifs.

Quand approche le 1er décembre, date de la Journée internationale contre le sida, les bonnes intentions fleurissent comme les rubans rouges aux revers des vestons. Les entreprises ne sont pas en reste, multipliant les actions d'information et les programmes de prévention. Mais, en interne, le sort réservé aux salariés porteurs du VIH évolue peu. Les directions comme les salariés concernés se réfugient dans le silence. « Quand je lui ai révélé être atteint par le sida, la réaction de ma directrice des ressources humaines m'a vraiment surpris. Très calmement, elle m'a dit : «Vous avez bien fait de le cacher jusqu'à présent». » Frédéric, quarante et un ans, est porteur du virus VIH et suit un traitement de trithérapie qui lui permet de mener une vie normale. Pour des raisons non liées à sa pathologie, il vient de démissionner d'une entreprise du secteur des télécoms, où il travaillait depuis cinq ans comme chargé de clientèle. Sa DRH a alors tenté de le retenir. « Nous avons évoqué mon parcours professionnel et elle m'a demandé d'expliquer certaines périodes de mon CV. A ce moment, je lui ai parlé de mon sida », explique-t-il.
Selon Frédéric, la DRH pensait surtout aux réactions des collègues confrontés à cette révélation et aux problèmes de relations qui auraient pu apparaître dans son service. Mais il estime aussi qu'elle aurait refusé de l'intégrer, s'il avait dévoilé sa pathologie lors de l'entretien d'embauche. « Vu le ton de cet entretien, j'ai compris qu'il fallait donner de moi une image performante et dynamique pour être embauché. Mais il n'était pas question de prononcer un mot aussi brutal que celui de sida. »
L'attitude choisie par Frédéric n'étonne pas France Lert, épidémiologiste à l'Inserm : « Au travail, le secret reste la règle pour les personnes contaminées par le VIH », affirme la directrice de l'unité 687, qui a dirigé une étude d'ensemble sur le sida et le monde du travail en France. « Ces personnes anticipent la discrimination en ne faisant pas état de leur pathologie à l'employeur. »
100.000 porteurs en France


Les porteurs du virus seraient plus de 100.000 en France. Une population équivalente à celle de Boulogne-Billancourt ou de Roubaix. Actuellement, la plupart d'entre eux, soit 60.000 personnes, travaillent. « Le VIH est stabilisé par les traitements, même s'il faut compter avec des épisodes critiques, dus aux effets secondaires des médicaments ou parfois à la sévérité de la maladie », souligne France Lert. Les séropositifs au chômage ou en invalidité sont surtout des femmes à faible niveau d'études et des étrangers. « La maladie accroît les inégalités sociales, au détriment des personnes les plus fragiles sur le marché de l'emploi. Mais ceux qui disposent d'un bon capital social poursuivent leur activité », résume France Lert.
Comme les séropositifs taisent généralement leur situation, les discriminations caractérisées à l'embauche restent rares. La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) est toutefois intervenue, avec succès, dans un cas qui a donné lieu à une jurisprudence. Un employé au sol d'Air France, souhaitant devenir steward, avait vu sa candidature rejetée après la visite médicale d'aptitude, en raison de sa séropositivité au VIH. Outre la saisine de la Halde, un arrêt du Conseil d'Etat en date du 16 janvier 2006 a conclu que le Conseil de l'aéronautique civile, qui supervise l'examen médical d'aptitude, avait commis dans cette affaire « une erreur de droit ».
La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a en conséquence modifié son règlement. Désormais, la séropositivité au VIH n'est pas une cause d'inaptitude au vol pour le personnel navigant des compagnies aériennes. Mais chaque cas est examiné individuellement par le médecin selon des critères de tolérance au traitement et de sévérité de la maladie.
Peurs immémoriales


D'une manière générale, les séropositifs souhaitent pouvoir travailler le plus normalement possible. « La discrimination persiste dans la société et dans l'entreprise », constate cependant Anne Guérin, la directrice de l'association Arcat. En dépit des nombreuses campagnes d'information, le sida n'est pas une maladie banalisée. Transmise lors de rapports sexuels ou par le sang, sa symbolique renvoie à des peurs immémoriales. Quand des salariés apprennent qu'un de leurs collègues est séropositif, l'irrationnel peut surgir, même chez les esprits les plus ouverts. « Nous devons inlassablement répéter qu'on n'attrape pas le sida en serrant la main d'une personne séropositive, ni en partageant son espace de travail, pas plus qu'en se rendant aux mêmes toilettes qu'elle », indique Anne Guérin. Le 1er décembre, de grandes entreprises vont ainsi diffuser dans leurs cantines des sets de table conçus par Arcat, pour expliquer aux salariés le sida et la séropositivité. Danone, Sanofi-Aventis, Axa, Air France, EDF, Lafarge et Renault participent notamment à cette opération.
« La sensibilisation n'est pas suffisante », estime, de son côté, Alain Legrand, directeur général délégué de l'association Aides. Depuis plusieurs années, Aides a lancé un programme en direction des entreprises françaises, pour faire reconnaître le sida comme une maladie chronique évolutive. « Des maladies comme le sida, le cancer ou la sclérose en plaques créent le même type de problèmes aux entreprises. Désormais, les DRH savent gérer le handicap stabilisé, mais ils ont plus de mal à anticiper les évolutions des pathologies chroniques : ainsi, la gestion des absences les déroute », analyse Alain Legrand.
« Correspondants santé »


Avec les progrès des traitements médicaux de ces pathologies, la question va prendre de l'importance. Les maladies chroniques touchent déjà 10 % des salariés au cours de leur carrière professionnelle, selon l'Agefiph, l'association rapprochant les entreprises des handicapés. Une des solutions préconisées par Aides consiste à implanter des « correspondants santé » : il s'agirait de responsables des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) « spécialement formés aux questions des maladies chroniques avec la médecine du travail ». Travaillant avec des médecins du travail et des syndicats comme la CFDT, Aides cherche à convaincre les DRH, avec un succès mitigé. « Des grandes entreprises comme Peugeot, Areva ou le Crédit Agricole ont engagé une réflexion », souligne toutefois Alain Legrand.
Beaucoup d'entreprises sont prêtes à se mobiliser contre le sida, parce qu'il s'agit d'une grande cause humanitaire donnant d'elle une image positive. Pourtant, la plupart répugnent à évoquer la simple présence en leur sein de salariés séropositifs. En insérant mieux les malades chroniques, les DRH rendraient aussi leurs entreprises plus crédibles.
JEAN-PHILIPPE VON GASTROW les echos (source)

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