sidamis


 
AccueilFAQS'enregistrerGaleriePortailRechercherMembresGroupesConnexionCalendrier

Partagez | 
 

 Pétition lettre au PRESIDENT DE LA MILDT

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
maya

avatar

Féminin
Nombre de messages : 1268
Age : 54
Localisation : paris
sexualité : vivante
célib. ou en couple ? : ...
Date d'inscription : 30/09/2005

MessageSujet: Pétition lettre au PRESIDENT DE LA MILDT   Mer 5 Déc - 10:22

Pétition


Lettre ouverte au président de la MILDT : 15 ans en arrière ?



Les Etats Généraux des Usagers de drogues et de la Substitution (EGUS) qui auraient dû se tenir ce mois-ci n’auront pas lieu.

A peine nommé dans ses fonctions, le nouveau président de la MILDT, Etienne Apaire, a en effet décidé de priver l’association d’autosupport ASUD de la subvention qui lui avait été accordée les années précédentes par la MILDT, entraînant ainsi la suppression des EGUS.

Cette décision, ainsi que ses propos pour le moins ambigus sur la réduction des risques [1], poussent aujourd’hui près de cinquante associations, associées à une quarantaine de personnalités politiques et associatives, à interpeller Etienne Apaire sur ses intentions, au travers d’une lettre ouverte que vous trouverez ci-joint et ci-dessous.

4 décembre 2007

Monsieur,

Quelques mois après votre nomination à la tête de la MILDT, vos premiers gestes et déclarations suscitent chez nous la plus vive inquiétude.

La MILDT a refusé à l’association d’auto-support d’usagers de drogues ASUD une subvention qu’elle lui accordait chaque année avant votre nomination, pour l’organisation des quatrièmes Etats Généraux des Usagers de drogues et de la Substitution (EGUS) qui auraient dû se tenir ces jours-ci. Vous ne pouvez ignorer cependant ni le rôle central des associations d’auto-support dans le champ de la réduction des risques, ni la qualité des débats, soulignée par tous, qui avait caractérisé les précédentes éditions des EGUS - puisque votre prédécesseur en avait inauguré la tenue il y a tout juste un an -, ni le caractère paradoxal d’une telle mesure, quelques années à peine après le vote de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.

L’ensemble du secteur des intervenants en toxicomanie s’est toujours accordé en effet sur l’importance d’une collaboration avec les associations d’auto-support, tant comme vecteurs d’information que pour leur rôle d’éducation auprès des usagers, leur parler vrai sur les questions de dépendance ou de plaisir, ou comme regard critique sur l’élaboration des programmes. Loin d’« encourager des usages illégaux », comme vous le suggériez à l’AFP le 21 septembre dernier, les associations d’usagers sont des partenaires indispensables de la lutte contre les maladies infectieuses ou de la réduction des risques en général. Nous ne pouvons comprendre cette décision.

Selon Valeurs actuelles du 19 octobre 2007, vous vous seriez par ailleurs fixé comme objectif de « renforcer l’idée selon laquelle la substitution n’est pas une fin en soi et qu’il faut en sortir », ambition à nos yeux lourde de sous-entendus, que nous ne pouvons que rapporter aux débats souvent violents qu’avait suscités la mise en place des traitements de substitution il y a quinze ans.

Faut-il vous rappeler les succès imputables à ces traitements : chute spectaculaire du nombre d’overdoses, réduction du taux de nouvelles contaminations VIH chez les usagers de drogues à 3% des cas diagnostiqués en 2004, contre 40 % en 1993 avant l’arrivée du Subutex ? Faut - il aussi vous rappeler la fragilité de ces acquis, la difficulté de suivre des traitements aussi lourds que ceux du sida ou de l’hépatite C, qui sans la délivrance d’opiacés de synthèse se seraient souvent avérés impossibles, la menace que fait peser aujourd’hui sur les usagers de drogues l’hépatite C, la stigmatisation continuelle dont ils font l’objet ?

De l’avis unanime de nos structures, seul l’abandon de l’abstinence comme norme unique et préalable a permis de sauver des vies et continue de permettre aujourd’hui, dans bien des cas, de convaincre de se soigner, de rentrer en contact avec un établissement, d’entreprendre des démarches administratives ou juridiques. Le désaveu de ce parti-pris de pragmatisme ne peut que nous alarmer dans la bouche d’un président de la MILDT, dont la fonction devrait être de garantir une pluralité d’approches de la question des drogues.

Il nous laisse par ailleurs incrédules, tant les succès de la réduction des risques invalident vos positions. La stratégie de réduction des risques liés à l’usage de drogues adoptée depuis bientôt quinze ans en France a si bien fait ses preuves que le principe en a été inscrit dans la loi en 2004, avec l’adjonction de trois articles au Code de Santé Publique qui lui fixent notamment comme objectifs de prévenir la transmission des infections, la mortalité par surdose, et les dommages sociaux liés à la toxicomanie. Aujourd’hui ces objectifs nous paraissent plus d’actualité que jamais. Rien ne nous permet de penser en effet, dans le contexte actuel de progression de l’hépatite C, de diversification des produits, de progression des pratiques de polyconsommations, que nous puissions nous passer de programmes innovants, éclairés par l’expertise critique des usagers de drogues, et acceptant de suspendre tout jugement pour répondre concrètement aux problèmes sanitaires ou sociaux.

Rien ne nous permet non plus de penser que les députés qui ont voté cette loi, ni le secteur devenu désormais essentiel de la réduction des risques, puissent comprendre ce qui apparaît aujourd’hui comme un revirement de fond.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président, de bien vouloir :
revenir sur votre décision concernant Asud, et lui confirmer le soutien que la MILDT lui a apporté depuis huit ans ;
nous donner des garanties sur le respect du Code de la Santé Publique, en ses articles L. 3411-6, L. 3411-7 et L. 3411-8 notamment, qui concernent la réduction des risques ;
affirmer votre engagement dans la poursuite de la politique de réduction des risques initiée par vos prédécesseurs, et de ses extensions nécessaires pour faire face à l’évolution des pratiques de consommation et des risques sanitaires qui y sont liés.



signer la pétition et voir la liste des associations et signataires sur le site d'Act up :

http://www.actupparis.org/article3213.html#sp3213





SOURCE: ACT UP Paris

_________________
Quelqu’un qui ne laisse pas la réalité déranger ses rêves est un sage. C.Singer
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
maya

avatar

Féminin
Nombre de messages : 1268
Age : 54
Localisation : paris
sexualité : vivante
célib. ou en couple ? : ...
Date d'inscription : 30/09/2005

MessageSujet: Re: Pétition lettre au PRESIDENT DE LA MILDT   Ven 14 Déc - 15:54

La réduction des risques menacée ?

Lutte contre la toxicomanie

La réduction des risques menacée ?

Le petit monde des usagers de drogues, regroupés au sein de l'association ASUD, est en émoi. Alors que la Direction générale de la santé lui reconnaît un rôle majeur au sein du système de soins, pour accompagner et éduquer les toxicomanes, la MILDT ne reconduit pas les subventions qu'elle lui accordait, laissant planer un doute sur l'avenir de la politique de réduction des risques.

LES 4es ÉTATS GÉNÉRAUX des usagers de drogues, qui devaient se tenir ces jours-ci, à l'initiative d'ASUD, n'auront pas lieu, faute de subventions de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT). Pas plus que ne pourra être conduite une « préenquête sur les besoins des toxicomanes en matière de substitution », comme le prévoyait la MILDT avant qu'elle ne passe sous la direction d'Etienne Apaire (décret du 29 août 2007), magistrat proche de Nicolas Sarkozy, avec qui il collabora au ministère de l'Intérieur. Depuis huit ans, l'association Auto-Support d'usagers de drogues (ASUD), créée en 1992, bénéficiait chaque année d'une subvention de 30 000 euros de la MILDT (voir encadré). Pour une quarantaine d'organisations et plusieurs médecins spécialistes (voir plus bas), signataires d'une lettre ouverte à Etienne Apaire, en date du 3 décembre, c'est l'incompréhension la plus totale, d'autant que la loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades appelle implicitement à la constitution de regroupements de patients en vue d'améliorer le système de santé.
Faut-il entendre que les toxicodépendants redeviennent dans l'esprit des pouvoirs publics des délinquants, comme ce fut le cas sous l'ère Chalandon, garde des Sceaux entre 1986 et 1988, s'inquiètent les Drs Philippe Batel, Maryline Touze, Emmanuelle Peyret, Alain Morel, William Lowenstein et Claude Jacob ? Or «l'ensemble du secteur des intervenants en toxicomanie s'est toujours accordé sur l'importance d'une collaboration avec les associations d'autosupport, tant comme vecteurs d'informations que pour leur rôle d'éducation ». Ce sont d'indispensables «partenaires de la lutte contre les maladies infectieuses ou de la réduction des risques en général». Celle-ci, d'ailleurs, est inscrite dans le marbre de la loi du 9 août 2004 (art. L.3411-6, 7 et 8 du code de la santé publique). La Direction générale de la santé (DGS) ne s'y trompe pas, puisqu'elle devrait produire prochainement un texte officialisant le rôle de représentant des usagers de drogues au sein du système de santé dévolu à ASUD. A moins que la MILDT ne contrarie une telle démarche. Son nouveau président se montre pour le moins sur la réserve. «Il ne saisit pas comment peut existerun mouvement comme le nôtre», dit au « Quotidien » Pierre Chappart, chef du projet représentant des usagers de drogues dans le système de soins pour ASUD. «Il nous l'a fait savoir lors d'une rencontre le 19octobre», le jour même où il affirmait dans « Valeurs actuelles » vouloir «renforcer l'idée selon laquelle la substitution n'est pas une fin en soi et qu'il faut en sortir ». «On est en train d'affaiblir, peut-être sans le vouloir, une relation soignants-soignés qui s'améliorait, comme en témoigne la chute spectaculaire du nombre d'overdoses et la baisse du taux de nouvelles contaminations par le VIH » (3 % chez les toxicomanes en 2004, contre40 % en 1993, avant l'arrivée du Subutex), met en garde le Dr Alain Morel, directeur médical du Trait d'Union (Hauts-de-Seine).

> PHILIPPE ROY

Le budget d'ASUD

ASUD affiche un budget annuel de quelque 400 000 euros, dont 130 000 proviennent de la DGS, 90 000 d'Ensemble contre le sida, 60 000 de l'INPES (Institut de prévention et d'éducation pour la santé), 50 000 de Schering Plough, 40 000 de la DDASS Paris, de la DRASS Ile-de-France et du conseil régional francilien et 20 000 de fonds propres.


Philippe ROY

_________________
Quelqu’un qui ne laisse pas la réalité déranger ses rêves est un sage. C.Singer
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
maya

avatar

Féminin
Nombre de messages : 1268
Age : 54
Localisation : paris
sexualité : vivante
célib. ou en couple ? : ...
Date d'inscription : 30/09/2005

MessageSujet: Re: Pétition lettre au PRESIDENT DE LA MILDT   Mer 19 Déc - 2:47

Etienne Apaire (MILDT) : « J'assume la réduction des risques »
Lutte contre la toxicomanie

Etienne Apaire (MILDT) : « J'assume la réduction des risques »

Le nouveau patron de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) se porte garant de la politique de réduction des risques, dont il a été en 1993 l'un des maîtres d'oeuvre, et se donne pour objectif de « réduire la consommation des drogues ».

LE PRÉSIDENT de la MILDT entend répondre par «des faits» aux intervenants en toxicomanie qui craignent pour l'avenir de la politique de réduction des risques (PDR, « le Quotidien » du 13 décembre). «Je suis à la tête d'une structure qui s'emploie à réduire toute consommation de drogues, à garantir une offre variée de soins aux toxicodépendants et à appliquer la politique de réduction des risques inscrite dans la législation (9 août 2004) en la conjuguant avec la prohibition (loi du 31 décembre 1970), affirme Etienne Apaire. Ceux qui la mettent en cause sont peu informés. Les échanges de seringues et la substitution remontent aux années 1993-1995, époque où Jean-Louis Langlais dirigeait la Délégation générale à la lutte contre la drogue et la toxicomanie (à laquelle a succédé la MILDT, NDLR), dont j'étais chargé de mission. Ce sont les mêmes, en somme, qui continuent à mettre en place la PRS et à l'assumer.» Quant à ASUD (Auto-Support d'usagers de drogues), qui s'émeut dans une lettre ouverte à Etienne Apaire de ne plus bénéficier d'une subvention annuelle de la MILDT de «40000euros», le destinataire du courrier tient à faire remarquer que «la réduction des risques ne se limite pas au financement d'associations, heureusement ». La Cour des comptes a d'ailleurs recommandé à la MILDT «de se recentrer sur des missions de coordination interministérielle, ce qui explique que pour 2008 la plus grande part de son budget consacrée au mouvement associatif est supprimée et reprise par le ministère de la Santé*. Pour 2007, outre ce recentrage, la MILDT ne doit verser des subsides à des organisations que pour des opérations expérimentales et éviter de soutenir pécuniairement des projets associatifs déjà pris en compte par la Direction générale de la santé, ce qui est le cas d'ASUD. Il ne lui appartient pas d'assurer le fonctionnement de cette dernière, nous dit la Cour des comptes ».

Cela étant, Etienne Apaire précise qu'il a reçu ASUD le 19 octobre, «lui indiquant que je l'accompagnais et l'encourageais à faire ce qu'elle entreprend: transformer un groupement à but indéfini d'usagers de drogues en association de patients. Et je suis un peu étonné de la réaction des signataires de la lettre ouverte** et de son auteur, Act-Up, qui n'a pas demandé à me rencontrer, alors que je ne suis pas contre le dialogue ».

Le président de la MILDT souhaite que de «faux débats publics comme celui-ci ne s'inscrivent pas dans la campagne des municipales» du printemps 2008. «Nous voulons réduire la consommation des drogues, insiste-t-il, et j'espère que ça ne dérange pas nos interlocuteurs.»

> PH. R.

* La MILDT est placée sous l'autorité du Premier ministre.
** Association française de réduction des risques, Aides, Sidaction, Elus locaux contre le sida, Ligue des droits de l'homme, MFPF, Secours catholique, et, entre autres, Anne Coppel, Claude Jacob, psychiatre, Alain Lhostis, adjoint au maire de Paris chargé de la santé, ou encore Patrick Beauverie, membre de la commission nationale d'addictologie.

Philippe ROY

source : quotidien du medecin
17-Déc-2007

_________________
Quelqu’un qui ne laisse pas la réalité déranger ses rêves est un sage. C.Singer
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Pétition lettre au PRESIDENT DE LA MILDT   

Revenir en haut Aller en bas
 
Pétition lettre au PRESIDENT DE LA MILDT
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pétition(lettre) contre la déforestation
» Sondage pétition/lettre ouverte pour une autre réforme du système scolaire
» Jean d'Ormesson et la réforme
» Lettre ouverte au President de la République.
» Lettre de félicitations à Si Radi élu président de l'Union Internationale des Parlements

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
sidamis :: Sida-actu-
Sauter vers: