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 La piste d'un vaccin antisida relancée

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maya

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MessageSujet: La piste d'un vaccin antisida relancée   Lun 14 Avr - 12:19

Décrié par une bonne partie de la communauté scientifique, Jean-Claude Chermann, le codécouvreur du virus HIV, travaille sur une piste originale.


DE NOTRE CORRESPONDANT À MARSEILLE.


Une zone artisanale dans la banlieue d'Aubagne. Entre le self bon marché pour les professionnels du coin, le magasin de photocopies et la terrasse déserte d'un bar de quartier, un panneau défraîchi marque l'entrée d'un petit laboratoire classé P3 pour les virus contaminants qu'il manipule. Bienvenu chez Urrma R&D, sans doute la plus surprenante promesse des biotechnologies. Créée par le professeur Jean-Claude Chermann, l'entreprise vient de lever en trois tours de table près de 15 millions d'euros auprès d'un pool de grosses fortunes de l'industrie biopharmaceutique européenne. Elle espère dénicher dans ce lieu improbable rappelant les anciens garages de la Silicon Valley, le Graal de la recherche médicale contemporaine : un vaccin universel contre le sida.
Les « non-progresseurs »


Ancien pasteurien, codécouvreur du virus HIV, puis virologue à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Jean-Claude Chermann s'est lancé dans l'aventure industrielle en 2001 avec le canadien Urrma Biopharma, dont il a repris depuis la filiale commune pour produire des marqueurs, conçus en 1995 à l'Inserm, permettant de dépister parmi les porteurs de virus HIV, ceux qui ne développent pas la maladie. Certains individus, dans une proportion de quelques pourcent, restent en bonne santé plus de dix ans après avoir contracté le virus. Ils sont considérés comme « non-progresseurs » et posséderaient des anticorps dont seraient dépourvus les « progresseurs ». En bonne place dans le bureau de Jean-Claude Chermann, le portrait de Pasteur a toujours les grâces du laboratoire. Mais le concept qu'il soutient, controversé mais jamais démenti, est en rupture avec les théories du grand homme : « Plutôt que de s'attaquer au virus comme le font habituellement les anticorps avec la limite que l'on connaît face à ses mutations, nous ciblons sa membrane », explique le chercheur. Ou plutôt une partie de la membrane.
En suivant régulièrement depuis quinze ans plusieurs dizaines de patients « non- progresseurs », Jean-Claude Chermann leur a découvert un point commun : une protéine cellulaire à sept acides aminés baptisée « R7V » (pour RTPKIQV), qui est emportée par le virus chaque fois qu'il se libère pour aller contaminer une autre cellule. « Les non-progresseurs ont des anticorps dirigés vers cette protéine, ce qui explique que, bien qu'infecté, leur organisme parvient à contrôler la réplication du virus », en déduit le chercheur.
Depuis qu'il poursuit cette piste thérapeutique, Jean-Claude Chermann entend l'objection avancée par de nombreux scientifiques : tenter d'immuniser contre un ennemi de ses propres défenses naturelles est du jamais-vu. « Le R7V est caché dans la membrane de la cellule saine et n'est visible du système immunitaire qu'une fois extrait par le virus qui le porte à la surface même de sa membrane », répond-il. Un anticorps ciblé n'agit donc que sur le virus.
C'est le code génétique correspondant à la séquence R7V prélevée sur les lymphocytes B d'une patiente séropositive non malade de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur qui a été isolé pour servir aux expériences in vitro. « Nous avons testé cet anticorps avec succès sur toutes les souches virales connues », explique Camille Haslin, une ancienne de l'équipe Inserm de Chermann, aujourd'hui directrice scientifique d'Urrma R&D. Pour son expérience, décrite à l'occasion d'une dizaine de publications depuis 2002 (*), deux vecteurs de transfert contenant la séquence ADN codant pour l'antibiotique ont été construits et introduits dans des cellules d'insectes qui ont produit de l'immunoglobuline anti-R7V. « Cet anticorps recombiné reconnaît et neutralise toutes les combinaisons géographiques d'HIV, y compris les virus résistants », poursuit le chercheur.
Ce que les scientifiques ignorent pour l'instant, c'est la raison pour laquelle tel ou tel organisme humain va fabriquer les anticorps anti-R7V. Mais, depuis leur découverte, de nouvelles études ont montré que 68,3 % des séropositifs naturellement protégés, le possèdent. Avec les 9 millions d'euros qu'il vient de lever, Chermann entend prouver la justesse de son concept à contre-courant de la recherche académique. Sur son bureau, le bon de commande signé auprès de l'allemand ProBioGen, spécialisé dans les cultures cellulaires, pour un premier lot industriel d'anticorps thérapeutiques dont la formulation a été validée par des consultants de renom, dont le professeur Tudor Arvinte (université de Lausanne). « Je suis sûr de mon concept. La seule chose qui me préoccupe aujourd'hui, c'est le passage au stade industriel et les techniques de purification des lots à grande échelle », explique le professeur.
Essais cliniques compassionnels


Le calendrier prévoit la livraison des anticorps au premier trimestre 2009 et des essais cliniques compassionnels consécutifs auprès d'une centaine de malades qui ont résisté à tous les traitements. Le lieu de la campagne n'a pas encore été défini (on parle de la Pologne et du Brésil comme destinations possibles), mais elle sera réalisée « selon les normes strictes de la FDA », précise le chercheur, qui entend rester président - et majoritaire à la tête d'Urrma R&D - jusqu'à cette échéance, « pour endosser la pleine responsabilité des résultats ».
S'ils sont positifs (ce qui devrait se traduire par une remontée rapide des CD4), le « plan Chermann » prévoit une troisième étape pour la mise au point de deux types de vaccins, d'abord thérapeutiques (associés à une injection d'anticorps pour faire remonter les défenses), puis préventifs. Le vecteur choisi pourrait être une salmonelle qui présente le double avantage de pouvoir être pris oralement et de cibler à la fois les muqueuses et le sang. Un objectif ? « Dix ans, au maximum », avance prudemment Camille Haslin. Dans cette perspective, un holding de droit suisse coiffant Urrma
R&D vient d'être créé à Bâle. Il pourrait entrer en Bourse d'ici à trois ans.

SOURCE / LES ECHOS 140408
http://www.lesechos.fr/info/metiers/4714101.htm

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