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 le 'dossier ' Suisse -swissinfo

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maya

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MessageSujet: le 'dossier ' Suisse -swissinfo   Dim 20 Juil - 19:27

30 janvier 2008 - 21:58
Découverte de taille pour les malades du sida


Légende photo: L'avis des médecins suisses n'est pas partagé par tout le monde (Keystone)

Un rapport affirme qu'une personne contaminée par le VIH et bénéficiant d'une trithérapie efficace ne transmet pas le virus. Ce constat détonnant (et contesté) pourrait bouleverser le comportement des couples sérodifférents.

La Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFPS) a pris connaissance de ces faits et elle a longuement délibéré avant de prendre position, a indiqué mercredi la Fédération des médecins suisses (FMH). L'une des études prises en considération a été réalisée en Espagne: elle a porté sur 393 couples hétérosexuels sérodifférents observés pendant 14 ans. D'autres études ont été effectuées au Brésil et en Ouganda.
Trois conditions obligatoires


Trois conditions doivent être remplies pour que le virus ne soit pas transmis par voie sexuelle. Premièrement, la thérapie doit avoir supprimé les virus dans le sang depuis au moins six mois, de sorte que ceux-ci ne puissent plus être décelés. Deuxièmement, la thérapie antirétrovirale doit être systématiquement suivie par le patient et contrôlée régulièrement par un médecin. Enfin, le patient ne doit pas être atteint d'une autre infection sexuellement transmissible.
Lorsque ces trois conditions sont complètement remplies, et seulement alors, et lorsque le médecin traitant a donné son feu vert, un couple au sein duquel un des deux partenaires est infecté par le VIH et l'autre pas peut décider de renoncer aux mesures de protection lors de rapports sexuels. La décision de renoncer ou non à toute mesure de protection incombe au partenaire séronégatif.
Il s'agit d'une nouvelle importante pour les quelques milliers de personnes concernées en Suisse qui vivent une relation stable et sérodifférente, écrit la FMH. Les trois conditions réunies, elles doivent savoir qu'elles ne mettent pas en danger leur partenaire. Cette nouvelle donne de l'espoir aux couples sérodifférents qui souhaitent un enfant, a expliqué Bernard Hirschel, membre de la CFPS et responsable de l'unité VIH-SIDA des Hôpitaux universitaires de Genève.
Prévention avant tout

Il existe certes d'autres méthodes de procréation pour les couples concernés, a-t-il rappelé, mais ils comportent des risques réels comme la prise de médicaments chez la mère séronégative ou une grossesse multiple, dangereuse pour les bébés.
Les personnes qui ne vivent pas dans une relation stable doivent avant tout se protéger elles-mêmes, rappelle la fédération: une personne non infectée par le virus ne doit jamais renoncer à se protéger lors d'une rencontre sexuelle.
L'Office fédéral de la santé publique souligne de son côté que rien ne change dans la prévention VIH pour la population général et les groupes-cibles. Seule l'observation des règles du sexe à moindre risque (pas de pénétration sans préservatif, pas de sperme ou de sang dans la bouche) protège la santé lors de rencontres sexuelles occasionnelles ou de nouvelles relations de couple.
source : swissinfo.ch
ats/sun

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Dernière édition par maya le Dim 20 Juil - 19:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: le 'dossier ' Suisse -swissinfo   Dim 20 Juil - 19:28

31 janvier 2008 - 09:09
Dans certains cas, on peut se passer du préservatif

Une bonne nouvelle pour les couples qui désirent un enfant malgré le virus. A condition d'être très prudents. (Keystone)


Sur le même sujet



  • 20.11.2007
    Moins de cas de sida que prévu
  • 20.07.2007
    Trois gènes qui résistent au sida

    Sous certaines conditions, une personne infectée par le VIH et bénéficiant d'une thérapie antirétrovirale efficace ne transmet pas le virus lors de rapports sexuels.


    La Commission fédérale du sida (CFS) souligne toutefois que cette nouvelle ne change rien pour la majorité de la population et que le préservatif reste le moyen de protection le plus efficace.
    Ayant pris connaissance de ces faits, la CFS a longuement délibéré avant de prendre position, a indiqué mercredi la Fédération des médecins suisses (FMH). L'une des études prises en considération a été réalisée en Espagne: elle a porté sur 393 couples hétérosexuels sérodiscordants (où un seul des partenaires est contaminé) observés pendant 14 ans.
    Trois conditions doivent être remplies pour que le virus ne soit pas transmis par voie sexuelle. Premièrement, la thérapie doit avoir supprimé les virus dans le sang depuis au moins six mois, de sorte que ceux-ci ne puissent plus être décelés.
    Deuxièmement, la thérapie antirétrovirale doit être systématiquement suivie par le patient et contrôlée régulièrement par un médecin. Enfin, le patient ne doit pas être atteint d'une autre infection sexuellement transmissible.
    Lorsque ces trois conditions sont complètement remplies, et seulement alors, et lorsque le médecin traitant a donné son feu vert, un couple au sein duquel un des deux partenaires est infecté par le VIH et l'autre pas peut décider de renoncer aux mesures de protection lors de rapports sexuels. La décision de renoncer ou non à toute mesure de protection incombe au partenaire séronégatif.
    Faux signal?

    La publication de cette nouvelle n'est-elle pas prématurée et ne risque-t-elle pas de donner un faux signal à la population, comme l'ont jugé certains experts français, allemands et américains ?
    Interrogé par swissinfo à ce sujet, le professeur Pietro Vernazza, président de la CFS estime qu'«après dix ans de traitement et aucune contamination, quelqu'un devait dire la vérité». Une vérité que le spécialiste juge préférable à une mauvaise information.
    «Les études, menées depuis des années sur des patients, permettent de dégager une tendance. Et celle-ci indique la plausibilité de l'absence de risque, poursuit le professeur. Il n'aurait pas été juste de cacher cette information aux personnes concernées.»
    Pietro Vernazza compare la situation actuelle à celle de 1986, lorsque l'on a annoncé que le VIH ne pouvait pas se transmettre par un baiser. «A l'époque, on ne pouvait pas absolument le prouver, par manque de données statistiques. Mais depuis 20 ans, l'affirmation n'a fait que gagner en plausibilité, même s'il n'est pas exclu de voir un jour une contamination par un baiser».
    Nouvelle importante

    La nouvelle n'en est pas moins importante pour les quelques milliers de personnes concernées en Suisse qui vivent une relation stable et sérodiscordante, écrit la FMH. Les trois conditions réunies, elles doivent savoir qu'elles ne mettent pas en danger leur partenaire.
    Cette nouvelle donne de l'espoir aux couples sérodiscordants qui souhaitent un enfant, a expliqué Bernard Hirschel, membre de la CFS et responsable de l'unité VIH-SIDA des Hôpitaux universitaires de Genève.
    Il existe certes d'autres méthodes de procréation pour les couples concernés, a-t-il rappelé, mais elles comportent des risques réels comme la prise de médicaments chez la mère séronégative ou une grossesse multiple, dangereuse pour les bébés.
    Les personnes qui ne vivent pas dans une relation stable doivent avant tout se protéger elles-mêmes, rappelle la FMH: une personne non infectée par le virus ne doit jamais renoncer à se protéger lors d'une rencontre sexuelle.
    Conséquences juridiques

    Cette nouvelle a aussi des conséquences juridiques. Les tribunaux devront tenir compte de cette nouvelle donne lorsqu'ils évalueront le caractère répréhensible d'une contamination au VIH.
    Du point de vue de la CFS, un contact sexuel non protégé entre une personne séropositive remplissant les trois conditions et une personne séronégative ne répond aucunement aux critères d'une tentative de propagation d'une maladie dangereuse au sens du code pénal suisse, ni à ceux d'une tentative de lésion corporelle grave.
    Ne pas baisser la garde

    L'Office fédéral de la santé publique souligne de son côté que rien ne change dans la prévention VIH pour la population en général et les groupes-cibles. Seule l'observation des règles du sexe à moindre risque (pas de pénétration sans préservatif, pas de sperme ou de sang dans la bouche) protège la santé lors de rencontres sexuelles occasionnelles ou de nouvelles relations de couple.
    swissinfo et les agences

    lien vers le bulletin diffusé aux medecins suisses.
    http://www.saez.ch/pdf_f/2008/2008-05/2008-05-089.PDF




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MessageSujet: Re: le 'dossier ' Suisse -swissinfo   Sam 26 Juil - 15:45

Interview de Bernard Hirschel
24 juillet 2008 (Groupe Sida Genève)



La trithérapie est-elle un outil de prévention contre le VIH ? "Oui", répondent les autorités de santé suisses. Pas neuve, cette idée est désormais connue du grand public. On le doit au professeur Bernard Hirschel, responsable de l’Unité VIH-sida des hôpitaux universitaires de Genève, qui a ouvert le débat à l’occasion du 1er décembre 2007. Il revient pour Seronet sur ce que dit l’annonce suisse et la polémique qu’elle suscite. Et les personnes touchées, qu’en pensent-elles ? Seronet leur a demandé leur avis.
Pourquoi vous êtes-vous exprimé le 1er décembre 2007 avant la publication de la position officielle de la Commission fédérale suisse sur le sida ?
Il y a plusieurs raisons à cela. A ceux qui ont eu l’impression que cette annonce était prématurée, je rappelle que ces données existent depuis environ huit ans. J’estimais que cela suffisait, que nous avions assez attendu, et que si on voulait en dire quelque chose, le 1er décembre était le moment idéal, quand l’attention de tout le monde est fixée sur le VIH. La Commission fédérale sur le sida (CFS) comptait prendre position, mais, jusqu’au dernier moment, je n’étais pas sûr qu’elle le fasse. Je suis content de leur prise de position. En revanche, si j’étais membre de cette Commission j’aurais choisi un autre titre que : "Les malades traités avec virémie indétectable ne sont pas infectieux par voie sexuelle". C’est bien le message que l’on entend faire passer, mais ça rend un peu vulnérable aux attaques. La moindre exception va faire dire à certains que l’on a tort. Quand on lit l’annonce, on se rend compte qu’elle est plus nuancée.
Pouvez-vous nous résumer ce que cette annonce dit vraiment et ce qu’elle ne dit pas ?
Notre annonce dit que si quelqu’un est traité et qu’il a une virémie [ou charge virale] indétectable le risque de transmission est très bas. C’est-à-dire que dans ce cas le préservatif n’est pas d’un très grand intérêt en terme de santé publique. Notre principe est que les recommandations pour l’ensemble de la population doivent tenir compte des informations qui agissent véritablement sur une épidémie et non pas sur les rares exceptions qui peuvent arriver. Peut-être que ces rares exceptions existent, mais c’est comme avec d’autres risques de la vie qui peuvent être très bas. C’est le cas avec l’avion, et certains ne veulent pas prendre l’avion. C’est pareil avec la mobylette. Mais dans ces exemples, on admet que ce soit un choix individuel : un ministre de la Santé ne va pas mettre en garde contre l’utilisation de l’avion à cause des rares accidents qui arrivent.
L’absence d’"infectiosité" est soumise à certaines conditions : un traitement qui dure un certain temps (six mois au moins), une virémie indétectable prouvée pendant six mois, et une bonne observance (plus de 95 % des comprimés pris selon les prescriptions du médecin). A ces conditions, le risque de transmission est très bas. S’ajoute une autre condition, peut-être un peu moins fondée, c’est l’absence d’infections sexuellement transmissibles [IST ou ITS au Québec]. Ces infections causent des inflammations au niveau génital, ce qui "attire" le VIH. Notre annonce est donc une information importante pour des personnes qui veulent avoir des enfants, car, avec des préservatifs, ça ne marche pas !
En revanche, notre annonce ne dit pas que dans des relations occasionnelles vous pouvez arrêter le préservatif, car vous ne connaissez pas assez votre partenaire. Par exemple, vous ignorez s’il prend son traitement. Pour en juger, il faut quand même bien le ou la connaître. L’annonce intéresse donc surtout les couples stables et de statuts sérologiques différents. Dans une relation occasionnelle, la probabilité est moindre d’obtenir des informations fiables sur les situations de chacun. Et puis, il y a d’autres raison d’utiliser des préservatifs : contre certaines IST et comme moyen de contraception.
On a prétendu, suite à notre annonce, que nous étions contre les préservatifs ou que nous en critiquions la fiabilité, ce qui est faux. Ce que nous constatons, c’est qu’il y a des personnes qui ne peuvent pas ou ne veulent pas utiliser de préservatifs. Pour elles, lorsqu’elles sont séropositives, on insiste sur l’intérêt de se traiter plutôt que d’essayer de leur faire peur en disant qu’elles risquent gros à ne pas utiliser de préservatifs. Et puis, nous parlons du sexe à moindre risque, nous n’avons jamais parlé du sexe à risque zéro. Certains pensent que le préservatif est une arme absolue. Pourtant, les études sur le sujet montrent que le préservatif casse dans un pour cent des cas. Il en résulte un risque plus élevé que celui d’une relation sans préservatif, mais avec une personne à virémie indétectable [1]. Je ne suis pas étonné que l’annonce ait suscité des controverses car, de façon générale, la société n’est pas d’accord sur la manière de traiter les risques faibles d’un accident grave. L’exemple type est la controverse autour de la maladie de la vache folle. Ça cause la panique chez certains tandis que d’autres s’en fichent complètement. Les centrales nucléaires, c’est pareil. La grippe aviaire, c’est pareil. Parfois on constate que plus le risque est statistiquement faible plus la controverse est grande. Nous sommes tout à fait dans ce cadre-là.
Vous êtes connu en Suisse pour la défense des droits des personnes séropositives, notamment par rapport à la pénalisation de la transmission du VIH. Cette annonce va t-elle avoir un impact sur les décisions de justice ?
C’est important au niveau pénal car, en Suisse, il y a eu des plaintes et des condamnations pour mises en danger d’autrui par des relations sexuelles non protégées, même sans transmission du VIH ! Les gens se sont défendus en disant qu’ils étaient traités et que leur virémie était indétectable. Cette défense n’a pas été retenue. Je pense que cela doit changer. Cela doit changer pour les personnes touchées, qui se croient très "contagieuses", et c’est une lourde charge à porter. Beaucoup d’entre elles n’arrivent pas à se libérer de cette crainte de transmettre le virus même lors de contacts sociaux. Il faut voir l’essentiel : une personne qui fait porter un risque à autrui est celle qui n’est pas traitée et qui a des relations non protégées, avec du virus présent dans l’organisme. Si le virus est absent, on ne peut pas punir la mise en danger de quelqu’un d’autre, car il n’y a pas de danger ou peu de danger.
L’annonce de ces données, c’est une connaissance scientifique ou une hypothèse ? Si c’est une hypothèse, quels types d’études sont nécessaires pour arriver à valider (ou invalider) cette hypothèse ?
Pour moi, il s’agit d’une connaissance scientifique, mais son niveau n’est pas aussi bon qu’il pourrait l’être. La première chose, c’est la logique : comment le virus peut être transmis s’il n’est plus présent ? C’est l’évidence même... En comparaison, faut-il faire une étude contrôlée pour prouver que l’utilisation du parachute réduit le risque de chute mortelle ? Ensuite, la connaissance scientifique s’appuie sur le nombre de cas de transmission chez des couples hétérosexuels non traités. Ce sont les études réalisées en Ouganda dans les années 90 qui montrent que, si la virémie est basse, il n’y a pas de transmission. Il y a aussi un des grands succès du traitement : la baisse de la transmission de la mère à l’enfant. Si la virémie est indétectable, à la naissance la contamination est quasiment exclue. Il y a aussi les études espagnoles portant sur la conception naturelle chez des couples hétérosexuels sérodifférents. Homme séropositif et sous trithérapie et femme séronégative : soixante dix-huit grossesses, zéro transmission. Les couples sérodiscordants sous traitement : soixante-six couples, aucune transmission. Nous avons aussi recherché les cas où il y aurait eu transmission du VIH alors que la personne séropositive était traitée. Il n’y a rien de publié. Ça fait un faisceau d’éléments assez crédibles à nos yeux. Peut-être qu’à la suite de notre publication, il y aura d’autres études. Je l’espère. La difficulté sera toujours le risque zéro, impossible à prouver. Il y aura toujours des divergences sur le niveau de preuve acceptable, souhaitable, suffisant pour faire changer les recommandations. Il faut admettre qu’il y a surtout un manque concernant la transmission chez les homosexuels. Cela tient notamment à la plus grande difficulté de trouver des couples stables et qu’on ne peut exclure la probabilité qu’une contamination survienne hors des relations de couple. Du côté des études, nous allons rechercher au travers de la cohorte suisse [il s’agit d’un ensemble de personnes suisses touchées par le VIH suivies en Suisse] la fiabilité d’une charge virale indétectable. C’est-à-dire quelle est la probabilité si une personne a une charge virale indétectable à un moment donné, qu’elle l’ait toujours deux ou trois mois plus tard ? Nous allons essayer de voir quels sont les facteurs qui influencent cette probabilité. Ce que l’on peut déjà dire, c’est l’importance de l’observance. Même l’oubli de une ou deux prises de médicaments dans le mois va influencer le résultat. Nous présenterons les résultats de nos travaux à la conférence mondiale sur le VIH à Mexico. L’analyse est encore en cours.
Quels sont les antirétroviraux les plus efficaces du point de vue de la baisse de la charge virale dans les secrétions génitales ? Lesquels ont une pénétration suffisante dans le compartiment génital ?
Il y a une différence de pénétration importante selon les molécules. Mais ce qui n’est pas clair, c’est de quelle façon cette différence influe sur la disparition du virus. Les études de mon collègue Pietro Vernazza en Suisse montrent que peu importe comment les gens sont traités : quand la virémie est indétectable, après un certains temps le virus disparaît aussi du sperme.
S’il y a un lien direct entre charge virale dans le sang et charge virale dans les secrétions génitales, quel serait le seuil de charge virale dans le sang au dessous duquel il n’y a réellement plus de risque de transmission ? 1000 ? 500 ? 100 ? 50 ? 20 ? Qu’est ce qui a été défini comme limite dans les études ?
On dit indétectable, mais dans les études en Afrique et aux Etats-Unis sur la transmission de la mère à l’enfant et entre couples hétérosexuels sérodifférents, on montre que l’on ne peut plus trouver de cas de transmission si la charge virale est inférieure à 1000. Or, le niveau de détectabilité est aujourd’hui à 40 ou 50, donc il y a une marge.
Pensez-vous que cette annonce doive changer les recommandations d’experts et faire remonter les critères incitant à démarrer un traitement ?
Aujourd’hui, je ne le pense pas. Mais si, dans quelques années, on constate un intérêt à traiter les personnes plus précocement et si l’on continue à évoluer vers des traitements de plus en plus efficaces, plus faciles à prendre, provoquant moins d’effets indésirables, meilleur marché, et si des études montrent l’effet préventif du traitement, alors pourquoi pas. Je pense que nous en parlerons de plus en plus dans les années à venir. Il s’agira de concevoir le traitement comme une arme de prévention. C’est valable pour la tuberculose, ça devrait l’être pour le VIH. On pourra envisager alors de traiter plus de monde pas seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour contenir l’épidémie. Néanmoins, on ne pourra pas faire ça si l’on n’admet pas que le traitement diminue "l’infectiosité".
Comment intégrez-vous ces données dans les discussions que vous avez avec vos patients pendant la consultation ?
Il y a de nombreux patients pour qui ça ne change rien car ils n’ont pas de partenaire sexuel, ou ils pratiquent le sexe à moindre risque (fellation, pas de pénétrations) ou ils utilisent sans difficulté le préservatif. Il y a ensuite ceux qui ont un partenaire séropositif qui se traite, qui a une virémie indétectable, etc. Ça fait longtemps que je leur dis que l’utilisation du préservatif c’est leur choix. Et que je n’en vois pas vraiment l’intérêt pour eux. Après il y a les couples qui veulent avoir un enfant. La réponse, la plupart du temps, c’est que l’on peut faire une fécondation in vitro, mais ça ne marche que très rarement, ça coûte très cher [en Suisse], c’est pénible... On peut se poser la question si ça en vaut vraiment la peine. Et si on en a la possibilité pourquoi ne pas faire des enfants comme tout le monde ? Quand la question se pose, je les encourage dans ce sens. Au-delà du fait que ces techniques (fécondation in vitro, stimulation ovarienne, implantation de plusieurs ovules, etc.) ont des taux de réussite faible, il y a le risque de grossesse multiple et cela n’est pas bon pour les enfants, ni pour la mère. Ensuite il y a les couples qui ne supportent pas le préservatif et qui veulent l’abandonner. Il faut leur dire de se traiter de manière correcte et surveiller l’effet du traitement. Enfin, et là je pense au partenaire séronégatif. S’il y a un risque résiduel, c’est le partenaire séronégatif qui le porte. Il faut parler avec le partenaire séronégatif. C’est lui qui doit décider. Soit il est à l’aise et il l’accepte, soit il hésite et il ne faut pas insister.
Propos recueillis par Nicolas Charpentier, Groupe sida Genève

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MessageSujet: Re: le 'dossier ' Suisse -swissinfo   Sam 26 Juil - 15:47

Séropositifs : les risques sont multipliés si les patients traités renoncent aux préservatifs

Une étude australienne conteste un rapport suisse pour qui une personne contaminée par le VIH et bénéficiant d'une thérapie anti-rétrovirale peut renoncer au préservatif, en affirmant que sans protection les risques de contamination sont multipliés par quatre.
Cette étude, publiée vendredi par la revue britannique The Lancet, a été réalisée par une équipe conduite par le Dr David Wilson, de l'université de New South Wales à Sydney, qui a utilisé un modèle mathématique pour estimer les risques.

Le rapport de la Commission suisse du sida estimait que si le virus du sida était indétectable dans le sang depuis au moins six mois et si le patient séropositif n'était pas atteint d'une autre infection sexuellement transmissible, un couple sérodifférent (un séropositif, un séronégatif) pouvait renoncer aux mesures de protection.

Cependant, pour l'équipe de David Wilson, bien que le risque de transmission du virus soit bas, il n'est pas "égal à zéro", le virus ne disparaissant jamais totalement.
Elle a établi que la probabilité cumulée, avec une moyenne de 100 relations sexuelles par an sans protection, était de 0,22% par an pour les transmissions de femme à homme, 0,43% pour les transmissions d'homme à femme, et 4,3% pour les transmissions d'homme à homme.

Sur dix ans et sur une population de 10.000 couples sérodifférents, 215 hommes et 425 femmes seraient infectés après une relation hétérosexuelle et 3.524 hommes à la suite de relations homosexuelles. Ce qui correspond, selon le Lancet, à un quadruplement des risques si aucune protection n'est utilisée.

Dans un commentaire, le Lancet souligne que pour les Suisses il y a "un seuil" en-dessous duquel une quantité infime de virus ne peut pas provoquer d'infection, tandis que pour les chercheurs australiens le risque ne fait que diminuer progressivement, sans qu'il y ait de seuil.
Devant une telle incertitude, il est "sage" de combiner le traitement et les préservatifs, fait valoir la revue.

Mis en ligne le 25/07/08

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MessageSujet: Re: le 'dossier ' Suisse -swissinfo   Ven 1 Aoû - 10:25

COMMUNIQUE DE PRESSE ACTUP PARIS

Lors de l’annonce suisse du 30 janvier 2008, selon laquelle « une personne suivant un traitement antirétroviral avec une virémie entièrement supprimée ne transmet pas le VIH par voie sexuelle », nous avions réagi dans un communiqué de presse, nous reprenons ici les points essentiels.


Nous insistons sur le fait que l’avis émis par la commission suisse concerne seulement le cadre très restrictif de couples sérodifférents, hétérosexuels stables où la personne séropositive a une observance parfaite de son traitement, une charge virale en dessous du seuil de détectabilité depuis au moins six mois et une absence d’infections sexuellement transmissibles, ce qui suppose une absence totale de relations extraconjugales. De plus, cette annonce qui porte sur les couples sérodifférents ne concerne donc pas les 40 % de malades sous traitement ayant une charge virale résiduelle malgré une bonne observance du traitement, et les 20 % de séropositifs sans traitements. Elle n’est pas non plus applicable à la situation des homosexuels et aux rapports anaux en l’absence de données sur cette question ou dans cette population.

Depuis le Conseil national du sida (Un avis du CNS est actuellement en cours d’élaboration sur cette question) et le groupe d’experts en charge de la prochaine parution du rapport pour la prise en charge médicale (Rapport Yéni 2008 bientôt publié) se sont penchés sur la question et il est dorénavant certain que leurs avis n’intègrera pas une application à la lettre des recommandations suisses. La nécessité de poursuivre les recherches dans le domaine devrait aussi être un message fort pour cette question de santé publique. A propos de recherche, celle-ci peut aussi prendre la forme de modélisation et, à la veille de la conférence internationale de Mexico (17ème Conférence internationale sur le sida du 3 au 8 août à Mexico) la revue britanique The Lancet vient de publier un communiqué de presse à propos d’un de ses articles. Ce n’est qu’un modèle, mais la conclusion n’est pas favorable à l’application des recommandations suisses. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans nos colonnes, notamment en mettant en regard plusieurs articles sur ce sujet. A suivre (Mais pas les recommandations suisses !)
Citation



Déclaration suisse, telle que parue dans le Bulletin des médecins suisses 2008, 89:5, page 165.

Après avoir pris connaissance des faits scientifiques, à la demande de la Commission d’experts clinique et thérapie VIH et sida (CCT) de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et après avoir longuement délibéré, la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFS) arrive à la conclusion suivante. Une personne séropositive ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral (TAR) avec une virémie entièrement supprimée (condition désignée par « TAR efficace » ci-après) ne transmet pas le VIH par voie sexuelle, c’est-à-dire qu’elle ne transmet pas le virus par le biais de contacts sexuels.

Cette affirmation reste valable à condition que :
la personne séropositive applique le traitement antirétroviral à la lettre et soit suivie par un médecin traitant ;
la charge virale (CV) se situe en dessous du seuil de détection depuis au moins six mois (autrement dit : la virémie doit être supprimée depuis au moins six mois) ;
la personne séropositive ne soit atteinte d’aucune autre infection sexuellement transmissible (IST).

Pietro Vernazza, Bernard Hirschel, Enos Bernasconi, Markus Flepp



source : CP ACT UP PARIS

http://www.actupparis.org/article3473.html

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