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 communiqué ASUD LUTTE CONTRE LA REDUCTION DES RISQUES

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mayaa
Invité



MessageSujet: communiqué ASUD LUTTE CONTRE LA REDUCTION DES RISQUES   Sam 11 Fév - 11:28

COMMUNIQUE DE TECHNO PLUS

Dans une lettre au 1er ministre, 78 députés viennent de demander l’ouverture d’une commission parlementaire sur les missions de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie en mettant en cause nommément les associations ASUD et Techno Plus. Que les parlementaires soient soucieux de la bonne utilisation des subventions publiques octroyées à nos associations et qu’une évaluation des actions qui nous ont été délégués en contrepartie soit effectué nous paraît normal et justifié. Mais nous ne pouvons accepter , sous prétexte que nos deux associations se revendiquent citoyennes, qu’elle soit association d’auto-support comme ASUD, ou issue du mouvement Techno comme Techno Plus, que notre travail soit remis en cause en pratiquant amalgame, mensonge et contre vérités.

Sous l’impulsion des différent(e)s ministres de la santé, notamment de Michèle Barzach et Simone Veil, la France a décidé de mettre en place une politique de réduction des risques, rattrapant ainsi le retard qu’elle avait pris par rapport à ses voisins européens. Aujourd’hui, quinze ans plus tard, les résultats sont là : la mortalité par overdose a été divisé par 5, l’épidémie de sida qui touchait fortement la population des usagers de drogues s’est pratiquement arrêtée, plus de 100 000 personnes sont aujourd’hui sous traitements, la délinquance liée à l’usage des drogues a fortement baissé. Qui peut nier aujourd’hui ces résultats ? Qui peut regretter ces milliers de vies sauvées ? Qui peut s’offusquer qu’il y ait un traitement autre que la prison ou la mort ? Que cela soit par méconnaissance ou idéologie, nous comprenons la position de certains signataires, mais nous somme surpris d’y retrouver la signature d’un professeur de médecine qui connaît lui, le prix d’une vie sauvée…
En 1995, face à l’augmentation de la consommation des nouvelles drogues de synthèse dans les espaces festifs, des volontaires issus de ces lieux festifs ont décidé de créer l’association Techno Plus afin d’informer leurs pairs des risques liés à l’usage de ces drogues. Tirant les leçons de l’échec des politiques précédentes basées sur l’interdit et la répression, Techno Plus a basé sa politique sur la responsabilisation individuelle des personnes, prônant une politique dite de réduction des risques : Oui, il faut mieux ne pas consommer des drogues que d’en consommer, mais si on en consomme, alors une fois par mois c’est mieux qu’une fois par jour, ½ c’est mieux qu’1, avoir une paille ou une seringue personnelle c’est mieux que la partager…….

Avec 10 ans de recul, l’association Techno Plus, ainsi que toutes les associations qui agissent en ce sens en milieu festif peut être fier des résultats obtenus, la consommation des drogues de synthèse en France n’a pas engendré de problèmes de santé publique majeurs, ce qui est à priori le but recherché de toute politique même celle basée sur l’interdit et la répression….

Par contre, jamais l’association Techno Plus n’a milité pour la légalisation de l’usage des drogues. Ni dans ses écrits, propos, ou actes il existe trace d’une telle position. Bien que cela ne soit pas son travail, la justice a tranché et a considéré que le travail de Techno Plus était un travail de réduction des risques visant à préserver la santé des personnes. Si l’association avait prôné la légalisation des drogues il en aurait été autrement, elle aurait été condamné et ce à juste titre.
Et à qui peut on faire croire que Techno Plus et ASUD distribuent des seringues dans les écoles ? Combien de parents ont vu leurs enfants rentrer chez eux le soir avec une seringue dans leur cartable, et si cela était, serait ce les associations qui distribuent ces seringues qui seraient en cause, ou l’éducation nationale qui invitent à cette distribution ?
Outre que ce type d’affirmation marque un manque de sérieux de la part d’élus censés organiser la société, cela montre que les opposants à la politique de réduction des risques n’ont que peu d’arguments à opposer puisqu’il leur faut en inventer.

Les français, les parents, au nom de qui on parle trop souvent sans vraiment les écouter, sont plutôt favorables à une politique pragmatique sur l’usage des drogues et ont bien vu que malgré que la France soit le pays le plus répressif en Europe, avec la Suède, c’était aussi le pays où la consommation de drogues chez les jeunes était la plus forte et que traiter 1/3 de sa jeunesse en délinquant n’était pas une solution digne d’un pays... L’Europe que l’on invoque souvent seulement pour lui faire dire des choses qu’elle n’a pas dite, tend à se démarquer de plus en plus de la politique répressive imposée par les Etats-Unis et qui n’offre d’autres résultats que d’augmenter la mortalité et remplir les prisons .
Et si l’association Techno Plus était venu expliquer son travail au parlement français, aussi souvent qu’elle a été convié à le faire dans l’enceinte du parlement européen, sans doute que les députés signataires de la demande de commission d’enquête ne pourraient prétendre à ces contre vérités qui confinent à la désinformation…….

Techno Plus

ASUD

REACTION ASUD /
Pour le soutien à ASUD et à Techno+
En réaction à la lettre des soixante-dix-huit parlementaires adressée à Mr de Villepin, Premier Ministre.


Le 25 janvier 2006, soixante-dix-huit députés appartenant à l’actuelle majorité ont adressé à Monsieur de Villepin, Premier Ministre, un courrier demandant la mise en place d’une commission d’enquête concernant notamment les activités des associations de santé communautaire, ASUD et Techno+.

Pourquoi ces deux toutes petites structures avec leur quatre équivalent temps-plein, provoquent-elles l’ire de 78 députés de la majorité, qui pourraient légitimement avoir d’autres chats à fouetter ?

Cette initiative est le dernier avatar d’une stratégie de long terme visant à disqualifier moralement, ce que l’on a coutume d’appeler la politique de réduction des risques (RDR).
De quoi s’agit-il ? La RDR est ce mouvement de pensée qui a permis, au tournant des années 90, la mise en place de programmes d’échange de seringues, la distribution de produits de substitution comme la méthadone ou à la production de brochures et de journaux s’adressant directement aux usagers, dans un langage non-scientifique, pour les informer sur les moyens de réduire les risques liés aux différents usages des drogues. Cette politique a permis à des milliers de toxicomanes de sortir de la marginalité dans laquelle ils avaient été relégués par trente années de répression. Cette politique rompt délibérément avec la stigmatisation des personnes et la mise à l’index des objets utilisés par les toxicomanes, comme les seringues.
- Rappelons que sous prétexte d’empêcher les drogués de se droguer, on a condamné des milliers d’héroïnomanes des années 70 à utiliser un matériel souillé par le VIH et les hépatites.
- Rappelons que cette philosophie de la violence, qui a tué et qui tue encore par le truchement des hépatites, est celle avec laquelle les 78 députés signataires veulent renouer. - Rappelons que grâce à la RDR, un certain nombre de personnes toxicomanes à l’époque sont maintenant en vie
- Rappelons, pour finir, que de nombreuses personnes, concernées directement dans leur chair, leurs amitiés, ou leurs amours, travaillent actuellement dans nos associations ou y ont travaillé longtemps. Ce débat est donc pavé de vies humaines, brisées, estropiées, et ces vies, ce sont les nôtres, pas celles des députés.

Leur stratégie est de disqualifier la RDR, et leur tactique est de concentrer leurs attaques sur ceux qu’ils estiment être les plus vulnérables parmi les acteurs de la RDR. ASUD est une association, animée, dirigée, encadrée principalement par des consommateurs ou ex-consommateurs de substances illicites, autrement dit des drogués ou des anciens drogués dans le langage de ces messieurs! En 2006 il existe encore des élus pour penser et écrire que lorsque l’on a pris des drogues c’est « mal ». Non pas dangereux, ou signe d’autre chose, non, c’est moralement condamnable. Nous sommes donc à priori suspects pour ce que nous sommes et non pas pour ce que nous faisons.

Le langage méprisant utilisé par la « lettre des 78» visent à séparer les « honnêtes gens » de la racaille que nous sommes supposés être. Pour preuve, l’incroyable mépris qui accueille régulièrement toutes nos demandes de débat, de rencontres, de dialogue. Le procès qui nous est fait est l’un des rares où il est encore possible de calomnier et de condamner à priori, sans qu’il n’y ait possibilité ne serait-ce que de répondre ( voir chronologie des actions menées contre ASUD et T+ jointe au dossier de presse).

La référence constante faite par ce courrier « à la famille », et à la protection des « adolescents » nous indigne. Elle montre une méconnaissance dangereuse du dossier des drogues. Nous ne sommes plus au XIXe siècle, où les « gens comme il faut » pouvaient éviter d’avoir à polémiquer avec les « classes dangereuses ». Les drogues et tout particulièrement l’héroïne posent des questions aux adultes, la moyenne d’âge des consommateurs tournant plutôt autour de 35-40ans. Les 100 000 personnes substituées au Subutex ou à la méthadone sont plutôt des parents que des enfants. D’ailleurs, parmi eux, nombreux sont ceux qui doivent aux traitements de substitution le bonheur d’avoir pu fonder une famille. Ce sont ces gens que nous représentons à ASUD.

Nous calomnier en écrivant n’importe quoi au Premier Ministre de la République Française est un peu court pour disqualifier l’existence légale de l’association de patients que nous sommes. En tant que telle nous avons droit à un financement public probablement bien supérieur à ce que les morts du sida nous ont finalement permis d’avoir. Attention à ce que l’opprobre que vous agitez au-dessus de nos têtes ne se retourne pas pour souligner la modicité des moyens mis à la disposition des deux seules associations représentant explicitement les millions de personnes concernées par le traitement des addictions.

Mesdames, Messieurs, les députés, nous l’avons déjà écrit ailleurs, le mépris n’est pas la meilleure des armes politiques, en tout cas, elle n’honore pas ceux qui l’utilisent. Nous vous invitons à lire nos articles chaussés d’autres lunettes que celles de la haine et à mieux vous renseigner sur les opinions que nous professons en matière de politique des drogues .

En guise de réponse à votre courrier nous demandons publiquement à l’ensemble des associations et groupement divers, syndicats, partis politiques et simples citoyens qui souhaitent soutenir l’action d’ASUD, association d’usagers et d’ex-usagers de drogues, et de techno+ association de santé communautaire, de le manifester publiquement par écrit en signant cet appel.

Pour ASUD

Fabrice Olivet, directeur
Eric Schneider, président




Envoyer vos soutiens écrits par Email mailto:asudjournal@club-internet.fr
Par courrier ASUD/« Lettre des 78 »
204 206 rue e Belleville 75020 Paris

ps : j'ai conscience que pour ceux qui ne sont pas ex usagers, le retour en arrière que suggère ces mesures ne soit pas évident à comprendre ,
la subtilité entre l'incitation aux drogues et l'aide à porter à ceux qui y sont déja est difficile à faire entendre. Il faut penser aux jeunes, leur donner la possibilité d'une sécurité et d'une information réelle sur les dangers des produits qu'ils consomment . La langue de bois auprès d'un usager de drogue ne marche pas...
Si à l'époque j'avais eu ces infos je ne serais pas aujourdhui seropo.
Le boulot de ces associations est vital, asud est peu connue en dehors des initiés mais il faut savoir qu'aides utilise la meme politique pour la rdr, la seule qui soit efficace , je ne peux que mettre leurs discours en évidence pour participer à cette lutte contre le retour en arrière. Et je le fais volontiers. Merçi à françois pour ces infos.
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