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 tenofovir (viread) usage détourné

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mayaa
Invité



MessageSujet: tenofovir (viread) usage détourné   Jeu 6 Avr - 14:11

Plutôt que d’utiliser des préservatifs, des hommes séronégatifs prennent des comprimés de tenofovir, espérant qu’ils leur offriront une protection efficace contre le VIH. Les médecins soulignent les dangers de ces pratiques susceptibles de conduire à une augmentation du nombre de contaminations.

par Daniel Costello, Journaliste au Los Angeles Times (article original : « pill as party drug »), traduction Marielle pour theWarning.info

19 décembre 2005

“Prendre un T.” Tel est le nom donné par les homosexuels séronégatifs à cette pratique grandissante qui consiste à prendre du tenofovir, en croisant les doigts pour que cette molécule les protège du virus HIV pendant leurs rapports sexuels.

Le tenofovir est vendu dans les boîtes de nuit gay sous forme de paquets avec du viagra et des ecstasy et, rapportent les docteurs et experts du sida, il serait même prescrit par des médecins. Cette tendance a alarmé les autorités sanitaires américaines qui insistent sur l’absence de preuve certifiant que le tenofovir protège contre les risques de contamination. Les individus le consommant et ayant des rapports sexuels non protégés sont susceptibles d’en subir les effets secondaires ou d’être infectés par le HIV.

Qui plus est, la consommation d’antirétroviraux à usage récréatif peut affecter l’efficacité générale des médications, soulignent les experts. “C’est un phénomène très inquiétant” note le docteur David Hardy, spécialiste du HIV au centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles. Selon lui, alors même que les sondages indiquent une baisse de l’utilisation de préservatifs parmi les populations à risque, l’apparition du tenofovir pourrait inciter à un plus grand relâchement des comportements préventifs.

Selon un sondage réalisé en juillet 2005 par le CDC, et mené lors des gay pride dans quatre villes des USA, 7 % des hommes séronégatifs avaient consommé des médicaments contre le HIV avant d’avoir des relations à risque et une personne sur cinq rapportait connaître quelqu’un ayant agi de la sorte. Les experts soulignent que le nombre d’hommes adoptant de telles conduites demeure faible. Jusque-là, la popularité du phénomène se limite aux jeunes homosexuels n’utilisant pas de préservatifs et aux personnes fréquentant les sex clubs et les saunas.

Pourtant, les autorités s’inquiètent du développement rapide de telles pratiques, susceptibles de s’étendre à l’avenir à d’autres sections vulnérables de la population - telles que les prostituées et les usagers de drogues injectables - et au grand public. Les experts du sida continuent parallèlement de sensibiliser à l’utilisation du préservatif masculin comme le moyen le plus efficace d’éviter toute contamination.

“Même si nous découvrions que ça marche sur certaines personnes, nous ne conseillerions jamais aux individus de laisser tomber le préservatif ou de réduire le nombre de leurs partenaires sexuels” assure Jeff Klausner, directeur en charge de la prévention des MST au département de la Santé publique de San Francisco. Néanmoins, d’après certaines études, la prise préventive du médicament pourrait réduire les risques de transmission. S’appuyant sur les résultats encourageants de recherches précédentes, le CDC finance actuellement deux essais cliniques, lancés en 2004 à Atlanta et San Francisco, qui analysent les possibilités offertes par le tenofovir, produit phare des traitements antirétroviraux actuels, de prévenir d’une infection - un peu comme la pilule contraceptive permet de retarder la grossesse. Pour chaque essai, 200 hommes aux comportements sexuels à risque, auxquels une dose quotidienne de tenofovir est administrée, sont suivis pendant deux ans.

Ce médicament est déjà largement utilisé en association avec d’autres antirétroviraux par des individus exposés aux risques de contamination. Par exemple, le personnel sanitaire, en contact avec des seringues infectées, reçoit pendant trente jours une médication incluant le tenofovir, pour réduire les risques d’infection. Des expériences effectuées sur des singes sains ont par ailleurs permis de constater que cette médication pouvait prévenir le risque de contamination par le HIV (ndc : l’article oublie ici de préciser que chez les signes, cette protection diminue au fil des expositions au virus SVIH et qu’à la fin de l’étude tous les singes ont été contaminés. Cf article : Prévention à base de Tenofovir).

Marc Conant, médecin spécialiste du sida à San Francisco, rapporte avoir récemment prescrit le tenofovir à deux hommes séronégatifs qui lui avaient révélé avoir de nombreuses relations sexuelles non protégées. Selon lui, la prise du tenofovir est préférable à aucune protection, même si ce médicament n’a pas encore démontré son efficacité et si certains patients peuvent être tentés de réduire leur vigilance quand ils l’utilisent.

“Quels sont mes choix, sachant que 40 000 individus sont contaminés chaque année”, explique Conant. “Les gens savent bien que le préservatif est efficace, et pourtant ils ne l’utilisent pas. Tout ce que j’essaye de faire, c’est de réduire les risques auxquels s’exposent ces individus.” Marc Conant indique faire passer des tests tous les trois mois à ses deux patients, lesquels demeurent séronégatifs.

Le tenofovir permet de bloquer un enzyme dont le virus a besoin pour se répliquer. Bien que d’autres médications contre le sida possèdent des effets préventifs similaires, les chercheurs placent beaucoup d’espoir dans ce nouveau médicament qui se révèle particulièrement prometteur pour réduire les risques de transmission, présente peu d’effets secondaires et reste dans le corps jusqu’à deux jours.

Dan Uhler, conseiller pour la prévention du VIH dans une clinique publique pour les homosexuels de San Diego, date l’apparition du tenofovir à il y a environ un an, dans les boîtes de nuits gay et lors de fêtes massives offrant un terrain propice aux rencontres et à l’abus de drogues. Le tenofovir est parfois vendu avec d’autres drogues, telles que de l’ecstasy ou des amphétamines, contre 85 euros. Les individus le prenant, rapporte Uhler, sont persuadés qu’il “permet de minimiser les risques”. Son utilisation se développe alors même que les efforts de prévention VIH parmi les homosexuels et les bisexuels masculins perdent de leur efficacité. Aux Etats-Unis, le nombre de nouveaux cas d’infection à HIV chaque année demeure stable (40 000). En revanche, un rapport récent du CDC révèle une augmentation de 8 % en 2004 des cas de contamination parmi les homosexuels et les bisexuels tandis qu’une autre enquête publiée en octobre 2005 indique une croissance de 29 % des cas de syphilis entre 2001 et 2005, pour la même population. Des chiffres alarmants soulignant l’essor dramatique des comportements sexuels à risque.

Selon Steven Gibson, directeur d’une clinique pour homosexuels à San Francisco, les autorités de la ville devraient sensibiliser les individus aux dangers auxquels ils s’exposent en prenant le tenofovir sans suivi médical.

S’opposant aux expériences cliniques en cours, il souligne le risque latent que les hommes y participant poursuivent ensuite seuls le traitement.

D’autres experts s’inquiètent de la façon dont les individus se procurent le médicament. Selon eux, certains l’achètent sur internet, ce qui ne garantit pas sa qualité, d’autres l’acquièrent via des amis séropositifs qui, en partageant les doses prescriptes, compromettent l’observance du traitement. Pour Uhler, certains hommes séropositifs le vendent même pour se faire de l’argent en plus.

Albert Liu, directeur en charge des études de prévention et d’intervention contre le sida au sein du département de la Santé publique de San Francisco, rapporte que son administration compte lancer un sondage parmi les homosexuels masculins début 2006, afin de déterminer combien d’entre eux prennent du tenofovir avant d’avoir des relations sexuelles.

Si ses résultats confirment ceux publiés par le CDC, indique Liu, le département de la Santé pourrait alors développer une campagne de sensibilisation sur les risques encourus par la prise abusive de ce médicament.

“Nous cherchons actuellement à découvrir si ce médicament est sûr, dit Liu, notre but étant de déterminer la meilleure voie à suivre”.
Source : http://www.thewarning.info
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MessageSujet: Re: tenofovir (viread) usage détourné   Jeu 6 Avr - 23:55

Bonsoir Maya,
Et que disent nos médecins français sur cette molécule?et de ces comportements ?
Mias ce que tu écris des modes US est interessant à savoir; nul doute que çà va venir chez nous comme bcp d'habitudes outre_atlantique
Le téfonovir doit être encore en essai chez nous?
Bisous
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